Hortense Vinet

Séquences , 2007-2008

En photographiant ma famille j’ai d’abord voulu retranscrire des sensations liées à l’enfance ou plutôt à son souvenir ; moins des événements précis, datables, qu’une certaine émotion, en me gardant bien de distinguer ce qui relève du fantasme de ce qui a réellement été vécu. Le souvenir lacunaire et ce que l’adulte peut y projeter de ses préoccupations présentes plus ou moins inconsciemment.

C’est en partie pourquoi j’ai conservé dans ces images l’organisation de la pellicule photographique, suggérant une narration sur le mode filmique autant que les hésitations de la mémoire. Pourtant ce flux de photographies ne présente pas une temporalité linéaire qui serait celle de l’action où de la causalité, mais des séquences disjointes.

C’est le processus de remémoration, subjectif et faillible, qui vient cimenter ces bribes en recréant rétrospectivement un espace et un ordre incertains, au-delà des bandes vierges de la pellicule.